13 millions de Français le font. Vous n’irez plus jamais faire vos courses comme avant
L’e-commerce alimentaire ne cesse de grimper. Derrière cette tendance se cachent des chiffres impressionnants que NielsenIQ a récemment dévoilés. Avec 13 millions de foyers français achetant désormais leurs produits de grande consommation (PGC) en ligne, le marché change radicalement de visage. Quels sont les comportements qui se dessinent ? Quelles stratégies gagnent du terrain ?
Un marché qui prend de l’ampleur, même en zones matures
Les PGC frais libre-service (FLS) affichent une croissance solide en 2025. Sur les marchés matures d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord, la hausse tourne autour de 2 %. Mais c’est dans l’e-commerce que le mouvement est particulièrement fulgurant :
- +17,7 % de croissance en Asie-Pacifique et Chine
- +16,1 % en Amérique du Nord
- +9 % en Europe de l’Ouest
En France, la croissance atteint +6,2 % au premier semestre, contre seulement +2 % pour le commerce global. Le drive reste la star des ventes en ligne alimentaires, avec un chiffre d’affaires combiné drive + livraison qui approche les 6 milliards d’euros, presque doublé en dix ans.
La croissance masque une double dynamique
L’e-commerce alimentaire n’est pas qu’un simple ajout. Il grignote aussi les circuits traditionnels, comme les hypermarchés et supermarchés. Certaines catégories, comme les packs d’eau ou la lessive, enregistrent des ventes en ligne 50 à 60 % supérieures à celles en magasin. Imaginez : il est plus facile et souvent moins cher d’acheter ces articles sur internet, notamment en zone urbaine.
Cette bascule s’explique par deux phénomènes :
- La cannibalisation progressive des achats en magasin
- La création de valeur via des ventes additionnelles en ligne
Le canal digital réduit aussi les achats d’impulsion. Les consommateurs contrôlent mieux leur budget grâce à une visibilité claire sur leurs dépenses.
13 millions d’acheteurs et des profils diversifiés
Ce chiffre clé révèle un recrutement massif : 13 millions de foyers achètent maintenant des PGC-FLS en ligne, soit près d’un foyer sur deux. La fréquence d’achat augmente, surtout grâce à la livraison à domicile qui croît plus vite que le drive (+10,4 % contre +5,5 %).
Le drive séduit surtout les familles, réalisant 67 % des achats, tandis que la livraison à domicile attire davantage les foyers sans enfant, notamment les plus de 50 ans. La Génération Z est très active, mais les seniors renforcent aussi leur présence en ligne (croissance annuelle entre 6 et 10 %).
Le potentiel est encore énorme. Un cyberacheteur sur deux seulement consomme désormais les PGC-FLS en ligne.
Quelles catégories et leviers boostent la croissance ?
Certains segments performent plus que d’autres :
- La pet food génère 2,4 fois plus de ventes en ligne qu’en magasin
- Les surgelés et aliments infantile suivent de près
- Les produits plaisir (alcools, chocolats, confiseries, snacks) restent encore sous-exploités
La promotion joue un rôle central. Elle représente 24 % du chiffre d’affaires du drive, avec une contribution majeure à la croissance (+70 %). Pourtant, le drive est encore peu diversifié dans ses offres promotionnelles, ne touchant que 11 % des produits.
Enfin, la montée en puissance du social commerce, notamment avec TikTok Shop, bouscule les règles et offre de nouvelles opportunités. La révolution digitale est loin d’être terminée.
Lisez entre les lignes : ce que cachent les 13 millions d’acheteurs
Ce nombre impressionnant cache des transformations profondes :
- Une explosion des achats en ligne dans des secteurs jusque-là plutôt physiques
- Une redistribution des cartes entre grandes surfaces, pure players et marketplaces
- Une redéfinition des parcours d’achat et des attentes des consommateurs
Pour les acteurs du marché, il ne suffit plus d’être présent en ligne : il faut comprendre ces nouveaux comportements et repenser son offre. Le digital permet un meilleur contrôle du budget pour les consommateurs, mais exige aussi plus d’agilité commerciale.
Si la France progresse, elle garde encore une marge de progression face à des marchés comme le Royaume-Uni, où la part de marché en ligne atteint 19,2 % dans les PGC-FLS, contre 13,7 % en France.
Que réserve l’avenir ? Sud-coréens et chinois montrent souvent la voie en matière de digitalisation ultra-intense. L’Europe pourrait ainsi accélérer en misant sur l’innovation et des services encore plus personnalisés.
Alors, la vraie question n’est plus « le e-commerce alimentaire va-t-il continuer de croître ? », mais plutôt « comment s’adapter à une distribution en pleine révolution ? » Le webinaire Fevad / NielsenIQ le rappelle : anticiper, innover, et surtout écouter les consommateurs sera clé pour gagner.
Le numérique réinvente nos habitudes alimentaires, et chaque clic compte.




Laisser un commentaire