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Alerte : Google Discover diffuse ces arnaques vues 2,95 millions de fois

Un homme d'âge moyen, soucieux, assis à son bureau, examine des articles frauduleux en ligne sur son ordinateur portable dans un bureau faiblement éclairé.

Google Discover est désormais la cible d’une vague massive de contenus frauduleux. Des articles totalement inventés trompent des millions d’utilisateurs chaque jour. Ce phénomène inquiète les éditeurs sérieux autant que les internautes. Mi-novembre 2025, Google a enfin annoncé qu’il travaille sur un correctif pour débarrasser Discover de ces spams générés par intelligence artificielle (IA). Un chantier de grande ampleur s’annonce.

Des articles fictifs vus par des millions de personnes

Parmi les exemples les plus frappants, un article affirmant que les plus de 60 ans au Royaume-Uni pouvaient obtenir une licence TV gratuite a été consulté par près de 3 millions d’utilisateurs sur Discover. Ce contenu était totalement faux et généré par IA. Il était hébergé sur un site douteux nommé « mountainbrooksolarproject ». L’outil Pangram, spécialisé dans la détection de textes trompeurs, a confirmé son caractère mensonger.

Un autre faux article, sur des supposées nouvelles règles d’utilisation des cartes de bus au Royaume-Uni, a atteint 1,8 million de vues. Ces contenus apparaissent sur des sites aux profils inhabituels : domaines expirés recyclés, sites d’anciens événements, voire portails scolaires réactivés. Le but ? Tirer profit du système de recommandation de Google Discover.

Comment les spammeurs abusent du système

Leur recette fonctionne bien. Ils rachètent des noms de domaine expirés qui conservent une bonne réputation auprès de Google. Ensuite, ils installent des sites optimisés techniquement pour fonctionner sur mobile, la plateforme exclusive de Discover. Des titres sensationnalistes et alarmants font cliquer, même si le contenu est faux.

Jean-Marc Manach, journaliste qui suit de près cette menace, a révélé une tactique supplémentaire appelée « l’étincelle ». Les spammeurs génèrent eux-mêmes du trafic en achetant des clics ou en diffusant leurs articles dans des groupes Facebook. Ils manipulent ainsi l’algorithme qui valorise l’engagement, renforçant la visibilité de leurs articles truqués.

Quelques chiffres clés

  • Plus de 8 300 faux sites en français répertoriés
  • 300 sites similaires en anglais
  • 150 en allemand
  • Articles fake visibles par plusieurs millions d’internautes

Google face à un défi vital

La firme de Mountain View reconnaît le problème. Elle affirme déjà bloquer la majorité des contenus frauduleux. Pourtant, la quantité de spam visible sur Discover indique que cela ne suffit pas. Le système actuel bloque surtout le spam traditionnel, mais les algorithmes peinent encore face aux articles créés par IA et aux domaines expirés recyclés.

Un porte-parole de Google a déclaré : « Nous travaillons activement sur un correctif spécifique pour ce type de spam, tout en maintenant nos exigences élevées en matière de qualité. » Aucun calendrier de déploiement n’a cependant été communiqué. Depuis mai 2025, Google a commencé à infliger des pénalités manuelles ciblées sur Discover, signe d’une volonté réelle de contrôler la situation.

Un impact sérieux sur les médias légitimes

Google Discover est devenu une source majeure de trafic pour les médias, notamment au Royaume-Uni où ce canal génère le plus de visiteurs. Cette place convoitée attire à la fois éditeurs sérieux et spammeurs. Ces derniers s’immiscent dans le fil d’actualité avec des contenus sans valeur, détournant l’attention et les revenus publicitaires.

Malcolm Coles, consultant britannique, préconise deux solutions possibles : soit se limiter aux domaines d’éditeurs fiables, soit renforcer les filtres qui vérifient la fiabilité et la véracité des contenus. Il souligne au passage que laisser des domaines « tout juste réenregistrés » accéder à Discover est « ridicule ». Cette compétition nuit à la qualité globale de l’information diffusée.

Pourquoi les règles actuelles ne suffisent pas

Les règles de Google Discover interdisent déjà les contenus haineux ou trompeurs. Mais elles ne mentionnent pas clairement une politique pour les contenus générés par IA. C’est là qu’est la faille. Google interdit pourtant explicitement, dans sa recherche classique, la réutilisation abusive de domaines expirés pour manipuler les classements. Son application dans Discover reste cependant plus laxiste.

Enfin, Discover privilégie un mélange large de contenus, incluant réseaux sociaux ou vidéos. Cette mixité facilite la diffusion du spam IA, qui profite d’une moindre surveillance comparée aux médias traditionnels.

La lutte contre la désinformation sur Google Discover est un combat crucial pour la qualité de l’information en ligne. Le correctif annoncé devra être rapide et efficace, sinon le fil d’actualité continuera à être pollué par des contenus classiques — faux mais très visibles. Reste à savoir si Google tiendra sa promesse et saura protéger les utilisateurs de cette fraude massive.

Je m’appelle Nathan, et je suis passionné de digital depuis que j’ai tapé ma première ligne de code à 13 ans. Je partage des actualités sur tout ce qui touche à la tech dans l’univers du e-commerce : les outils, les IA, les plateformes, les évolutions d’algorithmes, les nouvelles fonctionnalités. J’adore explorer les coulisses techniques du secteur et mettre en lumière les actus parfois passées sous les radars.