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« Je perds 450 000€/an » : les créateurs food accusent Gemini 3

Un créateur de contenu culinaire frustré par la perte de revenus due à l'intelligence artificielle Gemini 3.

Ce Noël, pour des milliers de blogueurs culinaires, la fête rime avec catastrophe. Google, avec sa nouvelle intelligence artificielle Gemini 3, bouleverse la manière dont les recettes apparaissent en ligne. Résultat : des milliers de créateurs perdent des dizaines de milliers d’euros chaque mois. Une crise profonde secoue le monde des recettes sur Internet.

Google remixe les recettes, au détriment des créateurs

Depuis plus de dix ans, les blogueurs culinaires suivaient une habitude simple : les fêtes de fin d’année boostaient toujours leur trafic. Les amateurs cherchaient leurs recettes favorites pour Thanksgiving ou Noël, les clics s’enchaînaient, et les revenus publicitaires aussi. Cette année, ce schéma s’effondre.

Google a introduit les AI Overviews, des résumés automatiques qui combinent plusieurs recettes en un seul bloc en haut des résultats de recherche. Ces fiches “tout-en-un” remplacent souvent les liens vers les blogs d’origine. Les recettes validées, testées par des cuisiniers passionnés, sont délaissées au profit d’une fusion confuse d’instructions mêlées.

Des chiffres alarmants chez les blogueurs

  • Une baisse de 30 % à 80 % du trafic pour beaucoup de créateurs.
  • Pour Eb Gargano, les visites ont chuté de 40 % en un an.
  • Adam Gallagher remarque une baisse de 30 % sur ses recettes de cocktails.
  • À Clean Eating Kitchen, Carrie Forrest a perdu 80 % de son audience et doit licencier.

Le résultat n’est pas neutre. Sur Pinterest, Facebook ou Etsy, des recettes générées par IA envahissent les plateformes, brouillant la frontière entre réalisations humaines et créations artificielles. Le risque ? Se préparer un plat avec des instructions farfelues, comme cuire un gâteau de 15 cm pendant 3 à 4 heures, ce qui revient à le carboniser.

“Frankenstein” ou recette digne de confiance ?

Les blogueurs dénoncent des “recettes Frankenstein”. Google assemble des éléments disparates, mélangeant les ingrédients d’un créateur aux étapes d’un autre. Les traditions culinaires, comme les tamales mexicains ou les gâteaux de Noël, perdent leur authenticité et leur rigueur scientifique au passage.

Adam Gallagher critique aussi une démarche plus agressive : Gemini 3 réutilise des photos originales, les modifie, et présente ces modèles « remixés » comme s’ils étaient nouveaux. Il parle même de plagiat, car ces images altérées contredisent le respect du travail d’auteur.

Pour Sarah Leung, spécialiste de la cuisine asiatique, l’intelligence artificielle s’approprie les résultats de recherches pointues et exclusives, privant les internautes de contenus riches et spécifiques. La conséquence est simple : moins de clics, moins de visibilité, donc moins d’argent pour ces experts.

“Je perds 450 000€/an” : la plainte d’un créateur food

Une partie de la gravité de cette crise se mesure dans l’impact financier. Pour certains, la chute du trafic représente une perte directe de près d’un demi-million d’euros annuels. Bjork Ostrom, de Pinch of Yum, parle d’une “bascule existentielle” pour les entrepreneurs du secteur.

Le problème est aussi d’ordre structurel. Si les créateurs humains disparaissent, les IA risquent d’apprendre uniquement avec du contenu créé par des machines. Un cercle vicieux qui menace de vider le web de son expertise humaine et de multiplier la confusion, plutôt que d’aider le grand public.

Face à cela, Google défend ses choix. L’entreprise affirme que les AI Overviews sont “un point de départ utile” et que les utilisateurs visitent toujours les recettes originales. Les blogueurs, eux, voient les faits autrement : leurs visites plongent, leurs revenus s’effondrent, et leurs contenus sont banalement aspirés et réécrits.

Et pour les utilisateurs, quel risque ?

Ce n’est pas qu’une histoire d’argent. Les internautes risquent aussi d’être désorientés. Une recette mal interprétée peut transformer un plat en désastre. La cuisine demande précision et tests. L’intelligence artificielle, malgré ses progrès, ne garantit pas encore cette finesse.

Cette réalité impose une question capitale : Peut-on faire confiance à des recettes créées ou remixées par une IA ? Pour les passionnés, la réponse penche vers le non. Ils préfèrent continuer à se référer à des créateurs qui ont réellement cuisiné, goûté et amélioré chaque plat.

Dans ce contexte, la transition vers une cuisine plus « automatisée » cache un véritable débat sur la place des humains dans la création de contenu en ligne. La technologie doit-elle remplacer l’expertise vécue ou la compléter ?

À l’aube de cette période festive, le défi est lancé. Pour retrouver leurs places sur le web, les blogueurs doivent repenser leurs stratégies ou risquer de disparaître derrière des résumés synthétiques qui ne rendent pas justice à leur travail.

Je m’appelle Nathan, et je suis passionné de digital depuis que j’ai tapé ma première ligne de code à 13 ans. Je partage des actualités sur tout ce qui touche à la tech dans l’univers du e-commerce : les outils, les IA, les plateformes, les évolutions d’algorithmes, les nouvelles fonctionnalités. J’adore explorer les coulisses techniques du secteur et mettre en lumière les actus parfois passées sous les radars.